La yourte nature de mon maraîcher

Oulan-Bator se trouve à 9 462 km de là. Pourtant aux portes de la Haute-Garonne et du Gers, la Mongolie semble à deux pas. Sylvain Aimond y a posé sa yourte. Maraîcher nomade du XXIe siècle, il se fait léger pour protéger la terre.

Faudoas, Tarn et Garonne. Vue grandiose sur les coteaux de Lomagne. Le ciel est couvert comme pour donner plus de profondeur aux couleurs des champs. Une brise souffle, la civilisation semble n’être jamais arrivée jusque là. Sylvain et Faustine sortent de leur maison ronde, une yourte 100% mongole fabriquée au pays par les populations locales. De l’extérieur, elle ressemble à un vaisseau spatial arrimé au sol par des cordes et des pieux. Tous les ans, les deux amoureux la démontent et la remontent quelques mètres plus loin, pour aérer les tissus et la consolider à nouveau. A l’intérieur, l’ambiance est incroyablement chaleureuse.

 

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La yourte.

Se bousculent alors tout un tas de questions dans la tête d’une urbaine de ma condition. Comment vous vivez ? Il fait froid l’hiver ? Et les toilettes ? La douche ? L’eau ? L’électricité ? Le wifi ??? Pour être honnête c’est ce dernier point qui m’inquiète le plus, incapable de m’imaginer sans Twitter à ma portée. Sylvain et Faustine compréhensifs et patients, sans doute habitués à ce genre d’interrogatoire répondent sans ricaner à toutes mes questions.

Une heure et quelques cafés chauds plus tard, je sais que l’eau arrive jusqu’à la yourte, comme l’électricité, qu’il y a un chalet attenant dans lequel nos hôtes ont la chambre et la douche, que les toilettes sèches c’est sympa, que l’eau se nettoie grâce à des cuves avec des plantes purifiantes, que le mobilier d’une maison a sa place dans ce lieu, malgré les murs arrondis, qu’un poêle suffit à chauffer l’hiver et qu’il y fait bon l’été. Et surtout, que le wifi n’est pas un élément indispensable dans la vie d’un maraîcher, une clé 3G suffit !

 

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Le maraîcher.

Il est temps de prendre l’air. Petit tour sur les 8,5 hectares de terres en fermage pour comprendre comment Sylvain pratique le maraîchage. On voit tout de suite que l’autonomie est un aspect important aux yeux de notre homme, qui s’est construit un bassin pour y puiser l’eau. Tracteur et serre sont d’ailleurs les seuls matériaux qu’il utilise.

Au milieu d’un champ, un tas de pelures de légumes, c’est le compost de la maison. Le maraîcher explique qu’il essaie même de se passer de l’engrais bio du commerce. Dans un champ, il a planté des phacélies, un engrais vert 100% naturel. La plante,  une fois à maturité, va être retournée et enfouie dans le sol pour lui apporter une bonne dose d’azote.

 

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La serre.

Dans la serre, c’est aussi un autre monde. Tout est fait de récup’ et de détournement d’objets. Il règne une atmosphère de « jardinier bricoleur ». Les plants ne sont pas tuteurées mais attachés par des ficelles au plafond de la serre. Les semis, il y en a dans tous les coins et recoins. Notre maraîcher fait tout lui-même : pas de pancarte pour annoncer ce qui pousse, tout est dans sa tête de Sylvain qui répond à mon quizz du « c’estquoidonc » à chaque planche de semis.

De retour dans la yourte pour une salade du jardin fraîchement cueillie, je m’autorise une dernière question : pourquoi avoir choisi ce mode de vie ? Sylvain et Faustine répondent d’une seule voix : « notre but, avec la yourte et le maraîchage, est de laisser le minimum de trace de notre passage sur ces terres. »

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La vue.

Alors, sur la pointe des pieds, je prends une dernière photo de ce paradis et m’en retourne chez moi. Depuis, je médite à tout ça.

 

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A propos de

Odile Mailhé

Odile Mailhé

Longtemps, Odile a connu la vie métro-boulot-dodo en banlieue parisienne. Jusqu'au jour où elle a mis les voiles pour sa Garonne natale. De nouveau dans son terroir, elle a choisi de le manger et d'en faire partager ses voisins en créant la première Ruche de France. Prête à tout, elle expérimente pour de vrai tout ce qui touche à l'agriculture locale. Seule condition : qu'il y ait toujours le haut débit pour tweeter ses aventures et ses exploits.

commentaires

  1. ahamada touroussi

    bonjour j’ai aimé votre article comment faire pour rencontré cette personne car j’ai ce projet pour madagascar.

  2. Charlotte

    Abeille de la Ruche d’Arcachon, ayant parcouru les montagnes mongoles l’été dernier (avec du fromage de la ruche pour les provisions du départ) la yourte est un lieu très confortable et surtout chaleureux et humain. Pas de cloisons, donc une vie en famille, où l’on apprend la patience et l’échange.

  3. Et en plus ses légumes sont excellents. Je les transforme pour en faire des tartes, des flakes, des galettes et même des desserts. Cette semaine le fenouil s’est retrouvé invité dans un muffin aux épices. Merci Sylvain!

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